Ode à Adama

Le titre parle de lui-même. Ce poème fut publié par le site Contre-attaques(s) le 20 décembre 2016 (http://contre-attaques.org/l-oeil-de/article/ode-a-adama).

Adama Traoré,
victime torturée.
Adama Traoré,
mort ignorée.

Je ne respire plus,
sur moi, des corps tendus.
Tant que je ne compte plus,
mon sort est rendu.

Adama Traoré,
survécu, j’aurais.
Adama Traoré,
si blanc, j’avais été.

Moi, livide et menotté,
eux, cœurs vides et hauts gradés.
Routine pour un gars de cité,
violence sous service commandé.

Adama Traoré,
mort sous le secret.
Adama Traoré,
mort sans leurs regrets.

Ma sœur, mes frères crient justice,
la maire, les flics ajoutent au supplice.
Celui qui se tait est complice,
pour la vérité, nul doute s’immisce.

Adama Traoré,
jeunesse sacrifiée.
Adama Traoré,
jeunesse immolée.

Selon le Général,
l’huile et le vinaigre finissent dissemblables.
Oui mais en général,
l’Homme est plus qu’un condiment de table.

Adama Traoré,
mémoire piétinée.
Adama Traoré,
corps noir piétiné.

Mes aïeux au fond d’une cale,
enchaînez vers l’oncle Sam.
C’est ici que l’Histoire cale,
se répète à mon grand dam.

Adama Traoré,
pas le temps de pleurer.
Adama Traoré,
pas de justice, pas de paix.

Je ne suis pas Adama,
et ne veux surtout pas l’être.
Mais parce que l’être m’est cher,
je ne veux plus qu’il y ait d’Adama.
Si ce n’est dans les livres d’Histoire,
étincelle de notre mémoire.

 

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